Furbex: l’urbex ‘style fourrure’

L’exploration urbaine me permet de découvrir les endroits les plus insolites.

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Alice van Kempen

Alice est lauréate du CEWE Photo Award 2019 dans la catégorie Humour. Elle a remporté ce prix avec son propre concept qu’elle a baptisé « furbex ». C’est-à-dire l'exploration urbaine avec une touche de fourrure. Alice photographie son chien dans des bâtiments abandonnés. Pensez aux châteaux, aux villas, aux écoles ou aux hôpitaux. La sécurité, tant pour son chien que pour elle-même, et le respect de l'endroit sont primordiaux pendant ses activités. Ses créations peuvent être vues dans les principaux magazines et livres du monde entier.

Sites mystérieux

Nikon D850

ISO
200
Focale
14 mm
Vitesse d’obturation
1/8 sec
Diaphragme
f/8

La quête de lieux est un vrai défi. Surtout au début si vous ne connaissez pas encore d’autres photographes urbex i Urbex Urbex est l'abréviation de urban exploring et désigne la photographie d’endroits abandonnés. C’est-à-dire des bâtiments anciens, mais aussi les environs de ces bâtiments. Le respect des lieux est primordial dans la philosophie urbex. Selon beaucoup, le fait que les explorateurs urbains pénètrent régulièrement de manière illégale dans certains endroits est... En savoir plus . Beaucoup de lieux urbex sont situés sur des terrains interdits, ce qui ne facilite bien évidemment pas la tâche. Heureusement, j’ai néanmoins peu de problèmes à trouver des lieux appropriés. J’aime vraiment le travail de recherche. J’essaie de trouver des indices pour de nouveaux endroits à travers des photos des autres. Je passe souvent des heures à chercher. Certains endroits ont de belles histoires, d’autres sont plutôt lugubres. J’aime vraiment faire des recherches sur l’histoire d’un lieu. De plus, à travers l’exploration urbaine, je me retrouve dans les endroits les plus insolites et les plus bizarres. Châteaux, villas, écoles, hôpitaux et même une ancienne prison : j’ai déjà tout vu.

Je me sens parfois comme un détective.

Nikon D850

ISO
100
Focale
24 mm
Vitesse d’obturation
2 sec.
Diaphragme
f/11

L’exploration urbaine a quelque chose d’unique. Vous reculez vraiment dans le temps lorsque vous entrez dans un bâtiment abandonné. Le plus cool est de photographier des endroits où les objets sont intacts dans leur ancien cadre. Dans ces cas-là, on a l’impression que le temps s’est arrêté. Bien que vous puissiez bien sûr voir que la nature a son influence ; il arrive que des plantes ou des arbres poussent dans une maison, ou que certains meubles se soient effondrés. Mais plus il y a de rouille et de moisissure, plus c’est beau. Cela rend le lieu mystérieux. Vous vous demandez à quoi il ressemblait et vous essayez de vous faire une représentation de la vie à cette époque. Inline artikel The Coat.

L’une des lauréates du CEWE Photo Award à propos de ‘The Coat’ (La veste)

Incroyable que ma photo soit dans le top 10 après 448.152 entrées.

Informations confidentielles

Pour protéger les lieux, les photographes urbex sont très réticents à divulguer des informations. Ils ne veulent bien évidemment pas que des vandales, des graffiteurs ou des voleurs ruinent un endroit idéal. C’est un petit monde où tout tourne autour de la confiance. Heureusement, au fil des ans, j’ai noué des amitiés et élargi mon réseau.

Surtout à l’étranger, c’est pratique. Par exemple, quand je vais au Portugal, je reçois des suggestions pour des lieux d’un photographe urbex local. Et si possible, nous partons faire des photos ensemble. Lorsque la personne se trouve aux Pays-Bas ou dans les environs, nous inversons les rôles. De plus, il est plus amusant et plus sûr de sortir ensemble. L’exploration urbaine n’est pas entièrement sans risque. Vous devez faire attention à toutes sortes de choses lorsque vous entrez dans un bâtiment abandonné : des sols et des escaliers pourris que vous devez traverser, des câbles électriques et des produits chimiques, pour n’en nommer que quelques-uns. C’est pourquoi je sors habituellement avec un petit groupe et je laisse Claire à la maison s’il y a trop de risques. Ensemble, nous avons déjà visité de nombreux endroits magnifiques.

Nikon D850

ISO
320
Focale
12 mm
Vitesse d’obturation
0.6 sec.
Diaphragme
f/9
Nikon D850

ISO
160
Focale
22 mm
Vitesse d’obturation
1/2 sec.
Diaphragme
f/16
Nikon D850

ISO
160
Focale
18 mm
Vitesse d’obturation
1/30 sec
Diaphragme
f/16
Nikon D800

ISO
200
Focale
28 mm
Vitesse d’obturation
10 sec.
Diaphragme
f/14
Nikon D800

ISO
250
Focale
18 mm
Vitesse d’obturation
0.6 sec.
Diaphragme
f/11
Nikon D800

ISO
100
Focale
70 mm
Vitesse d’obturation
5 sec.
Diaphragme
f/14
Nikon D800

ISO
200
Focale
27 mm
Vitesse d’obturation
8 sec.
Diaphragme
f/16

Une ancienne prison

L’un des endroits que je n’oublierai pas de sitôt est une prison de la Stasi dans l’ancienne « Allemagne de l’Est ». Les histoires que j’ai entendues sur les anciens prisonniers étaient choquantes. Les prisonniers politiques y partageaient leur cellule avec des tueurs, des violeurs et des voleurs. Pendant ma visite, j’avais la chair de poule. Vous ressentez la tragédie de cet endroit. Sur la photo, on a l’impression que Claire la ressent aussi. Je l’avais mise debout sur le lit. Mais Claire a pensé baisser la tête.

Nikon D800

ISO
400
Focale
16 mm
Vitesse d’obturation
4 sec.
Diaphragme
f/7.1

La photo correspond si bien à cet endroit et est l’une de mes préférées. Claire est vraiment le chien parfait pour mon style de photographie. Elle peut très bien rester assise, ce qui est très important car vous ne pouvez pas éviter des vitesse d’obturation i Vitesse d’obturation La vitesse d'obturation, également appelée durée d'exposition, est la durée pendant laquelle la lumière tombe sur le capteur de l'appareil photo. Avec ce paramètre, vous pouvez contrôler la quantité de lumière dans votre photo. Vous pouvez également utiliser la vitesse d'obturation pour créer un mouvement sur votre photo ou pour... En savoir plus lentes en raison des mauvaises conditions d’éclairage. Claire est restée immobile pendant pas moins de quatre secondes pour cette photo.

Nous avons eu de la visite imprévue dans la prison.

Pour entrer dans la cellule, nous avions pénétré par une échelle et par une fenêtre ouverte au premier étage. Avec le chien, c’était quand même tout un exploit. Pendant la prise de vue, j’ai soudain entendu plusieurs personnes arriver. Heureusement, j’ai pu entendre des bribes de la conversation. Ils ont parlé de photographie et étaient probablement là pour la même raison que moi. Je n’ai pas fait de bruit. Quelques instants plus tard, ils sont entrés dans la même pièce que moi et ont pris une peur bleue en nous voyant. L’espace d’un instant, ils pensaient même que j’étais un gardien parce que j’avais un chien avec moi. Une fois qu’ils ont réalisé que je photographiais aussi, nous avons tous rigolé un bon coup.

Ville fantôme de Tchernobyl

Nikon D850

ISO
160
Focale
14 mm
Vitesse d’obturation
1/15 sec
Diaphragme
f/16

Visiter Tchernobyl (en Ukraine, ndlr) était sur ma bucketlist depuis un certain temps. La ville est pratiquement déserte après la catastrophe nucléaire. Bien sûr, Claire n’est pas venue cette fois. Sous la direction d’un guide, j’y suis allée avec un groupe. Ce fut une expérience bizarre. Les 15.000 habitants qui vivaient dans la ville ont soudainement dû quitter leur domicile. Ils n’étaient autorisés à emporter qu’une seule valise de première nécessité. Plus de trente ans plus tard, l’endroit est toujours désert. Du toit d’un hôtel, il était facile de voir comment la nature avait envahi la ville. Des arbres et des plantes poussaient partout, même à l’intérieur d’un gymnase un arbre avait émergé.

On entendait uniquement le chant des oiseaux.

Nikon D850

ISO
160
Focale
19 mm
Vitesse d’obturation
1/250 sec.
Diaphragme
f/8

En plus des oiseaux, il y avaient également des chiens laissés pour compte. Ils rôdaient maintenant dans la région. Heureusement, il existe une fondation qui s’occupe des chiens. Lors de la visite d’une ancienne gare, trois chiens ont accompagné notre groupe. J’ai vu ma chance et j’ai essayé de faire poser l’un des chiens à côté de la voie ferrée. Heureusement, j’avais des biscuits pour chiens dans la poche de ma veste, ce qui m’a énormément aidée. Après environ cinq minutes, j’ai pu prendre cette photo. J’ai donc quand même pu faire une photo furbex. Maintenant que j’ai pu cocher cette destination de ma bucketlist, je recherche de nouvelles destinations. Le Japon et les États-Unis me semblent intéressants. J’espère pouvoir y aller un jour.

Résumé

À travers l’exploration urbaine, Alice se retrouve dans les endroits les plus insolites. Pensez aux châteaux, aux villas, aux écoles, aux hôpitaux et même à une ancienne prison. Elle visite régulièrement des sites urbex à l’étranger. Avoir un réseau sur lequel compter est très important. Les lieux ne sont pas facilement divulgués. Si possible, elle essaie d’emmener Claire avec elle. Claire aime poser pour la caméra. Il en résulte des photos à la fois belles et amusantes. Au printemps dernier, Alice a visité Tchernobyl. Claire est naturellement restée à la maison, mais Alice a photographié plusieurs chiens errants et a donc quand même pu rentrer chez elle avec des photos furbex.

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Nous dormions sur le toit de la voiture et nous avons entendu des lions rugir au loin.
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