Ce mois-ci, nous avons eu l’honneur de rencontrer, François Walschaerts, photographe de presse depuis près de 30 ans. François nous a accordé un peu de temps, qui pourtant lui est précieux, afin d’en apprendre davantage sur lui, mais avant tout sur ses voyages et sa passion pour la photographie.

De quoi tenez-vous compte lors de vos préparatifs pour votre voyage ?

De partir le plus léger possible ! Dans les années 80, je suis parti en Australie avec mes 4 objectifs et ce n’était vraiment pas pratique ! Mais disons que cela m’a servi de leçon. Rires. Je ne m’encombre désormais plus de trop de matériel.

Qu’emportez-vous en voyage en termes de matériel photo ?

J’essaye de partir avec un seul boitier et deux ou trois objectifs fixes. J’essaye toujours de prendre un grand angle 35mm, un 50mm ainsi qu’un 85mm.

Quel type de photos faites-vous généreusement en vacances ? Pensez-vous aux photos que vous pourrez faire là-bas, avant même d’y mettre les pieds ?

Je ne fais jamais rien de prémédité ! Je sais où je vais mais je ne sais jamais ce que je vais y trouver, et par conséquent ce que je vais photographier. Une fois sur place, j’essaye toujours d’aller où les autres ne vont pas ou plus simplement dit, dans des endroits retirés des grands lieux touristiques. Selon moi, c’est comme

ça qu’on parvient à prendre des clichés authentiques, qui ont une âme et qui reflètent réellement la vie des autochtones, leur culture et l’architecture de leur pays. Les photos de beaux endroits touristiques se retrouvent sur internet par milliers ; moi je préfère les détails, quitte à être le seul à connaître le contexte dans lequel j’ai pris la photo. Je cherche toujours LA photo originale ou du moins, un angle de vue que les autres ne voient pas nécessairement. Et j’aime beaucoup jouer avec les lignes, les axes des symétries, les profondeurs de champs ainsi que qu’avec le contre-jour. Et pourquoi pas, avec l’humour aussi…

Que faites-vous de vos photos en revenant de vacances ?

Celles que j’aime vraiment bien, j’en fais des agrandissements sur le logiciel CEWE. Sinon j’en fais parfois de simples tirages 10×15 et j’en offre volontiers à mes amis qui apprécient la photographie aussi. Et si l’occasion se présente, je fais des expositions et j’imprime quelques photos sur des cartes postales à distribuer.

Est-ce que vous travaillez vos photos dès votre retour ?

Non, je laisse toujours un petit laps de temps avant de m’y mettre. Parfois, il faut que j’attende un mois pour que l’euphorie du voyage passe et pour que je puisse travailler avec un esprit objectif. Je recadre alors mes photos et je retouche parfois un peu la luminosité ou le contraste mais j’essaye toujours de m’en tenir à cela.

Quels réglages faites-vous le plus souvent pour prendre vos photos en voyage ?

J’aime maitriser mon appareil photo et je laisse toujours mon appareil photo en mode manuel. Je n’ai qu’à choisir l’objectif le plus approprié pour la photo que je souhaite faire ; grand angle ou téléobjectif. Mais j’essaye surtout de ne pas être trop focalisé sur les réglages de mon appareil, sinon je perds le moment présent que je souhaite photographier.

Quelles sont les photos que vous voudriez partager avec les lecteurs ?

Il y en a beaucoup ! Rires. Non pas que je sois prétentieux, mais j’aime la photographie et partager cette passion. J’aime beaucoup cette photo prise à Berlin en 1988, juste avant que le mur de Berlin ne tombe. On y voit de belles voitures Trabant, alignées les unes derrière les autres. Il y a aussi toute ma série de photos de la Nouvelle- Calédonie, et plus précisément sur l’île de Marée, une des 4 îles de loyauté d’ailleurs. On y voit les kanak, habitants originaires de la Nouvelle-Calédonie ainsi que les robes mission, imposées par les missionnaires mais aussi la préparation du plat courant là-bas, le bougna cuit à l’étouffée dans de grandes feuilles de bananiers. Il y a aussi cette photo de statue que j’ai prise comme un portrait. J’ai donc utilisé mon objectif 85mm pour avoir cet effet de paysage flou derrière.

Avez-vous des conseils à donner aux lecteurs ?

Simplement le fait de respecter la vie privée des gens. En effet, on vit dans un monde où le respect de la vie privée se fait de plus en plus rare. Moi, je trouve cela important de demander l’accord des personnes que vous souhaitez photographier. De cette façon, on ne pourra vous reprochez de publier du contenu à leur insu sur les réseaux sociaux par exemple. Et un dernier conseil peut- être ; profitez du moment présent ! Pourtant passionné par la photographie, il m’arrive de passer une journée en vacances sans appareil photo pour profiter de la vue de mes propres yeux et non, derrière mon objectif ! Et puis, il y a des photos qu’on garde simplement à vie en tête, sans pour autant avoir un souvenir tangible.