Budapest, 13 mars

Après Cracovie et Bratislava, ces villes de taille humaine, Budapest me donne l’impression d’être à New York, avec sa foule, son trafic et ses taxis jaunes.

Tout comme Bratislava, la ville est traversée par le Danube. D’un côté il y a Buda, avec son château, la citadelle et sa statue de la liberté. Encore un clin d’œil à New York. Sur l’autre rive se trouve Pest, le centre-ville, le quartier juif, également appelé Party district, et tous ses restaurants Vegan et Bio. Le quartier juif est le quartier en vogue de la vielle ville. Les artistes s’y retrouvent autour d’un capuccino, les bobos y font les boutiques pour dénicher l’objet déco trendy pour compléter leur intérieur et les fêtards internationaux dansent jusque pas d’heure dans les Party Hostels et les Ruin bars.

Ces derniers sont de réelles ruines. Pendant la deuxième guerre mondiale, beaucoup de bâtiments furent détruits et reconvertis en lieu de rassemblements clandestins pendant la période communiste. Les espaces étant vides, les participants devaient apporter leur propre chaise et verre. Les boissons et en-cas étaient alors partagés, l’auberge espagnole avant l’heure. Aujourd’hui, ces ruines sont transformées en bars tendances où les jeunes font la queue dans le froid pour y accéder.

Des artistes nés

À Budapest, je loge chez mon amie belge, Clarisse. Le premier soir, elle m’emmène à un concerto classique de piano à la Liszt Académie, la plus renommée du pays. Clarisse m’explique que les enfants hongrois accèdent facilement à la musique classique et apprennent à jouer d’un instrument dès le plus jeune âge. Les académies sont financées par l’état. Dès lors, la formation est très accessible voire gratuite. Aller à l’opéra ou assister à un concerto n’est pas un privilège, c’est plutôt la norme. Clarisse me raconte que les Hongrois s’estiment avoir l’âme torturée. Cela additionné à une mélancolie prononcée, ces ingrédients font d’eux d’excellents artistes. Des concerts gratuits sont régulièrement organisés dans les différentes académies de la ville. Pensez à consulter leurs sites internet si vous êtes de passage à Budapest.

Une histoire à chaque coin de rue

Mercredi, nous passons la matinée avec Tamas Korchmaros. Il nous fait découvrir la capitale hongroise et nous suggère des points de vues et certains angles pour capturer au mieux la ville avec nos Leica Q. Nous passons par la gare de Budapest Nyugati, le Shoes Memorial (mémorial au bord de l’eau dédié aux victimes juives de la Shoah), le majestueux Parlement et sur le Pont Marguerite qui mène à l’île du même nom. Tout comme les rues, les onze ponts qui enjambent le Danube à Budapest ont une histoire particulière. Par exemple, le Chain bridge était le premier pont à relier Buda et Pest, et l’Elizabeth bridge a été construit en l’honneur d’Elisabeth de Wittelsbach, Sissi l’impératrice.

Budapest est un musée à ciel ouvert rassemblant entre autres les styles Néo-gothique, baroque et Art Nouveau. Le soleil couché, je décide de continuer à découvrir la ville en photographiant de nuit son architecture et les reflets dans le Danube. Notez que la contrainte principale des photographies de nuit est le manque de lumière. Vous pouvez compenser ce manque en augmentant l’ouverture, ralentissant la vitesse d’obturation et en augmentant la sensibilité ISO. Par conséquent, il est crucial d’utiliser un trépied pour stabiliser l’image et éviter un résultat complètement flou. En fin, petit conseil pratique, ayez votre batterie bien chargée car les belles photos de nuit peuvent prendre du temps à être réalisées.

Se relaxer pour mieux continuer

Budapest est également renommée pour ses thermes. Les plus connus sont Széchenyi, dans le parc de la ville, Gellért et Rudas, où je me suis rendue. Après une paire d’heures passées dans les bains à vapeur,  les saunas et les différentes piscines, vous êtes requinqués ! Mon coup de cœur : passer d’une eau à 47°C qui vous brûle, à une piscine d’eau glacée, glaçons à l’appui. Sauter d’un extrême à l’autre me donne l’impression de sentir toutes les cellules de mon corps.

Me voilà revigorée pour les prochaines semaines de voyage. Ben et moi repartons en direction de Zagreb en Croatie. Les 7 heures de voyage me permettront de travailler au calme sur mon article et l’édition de mes photographies.

À très vite,

Maud