Zagreb, le 20 mars 2018

Gare après gare, nous créons notre propre histoire

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de trains. Voici presque trois semaines que Ben et moi voyageons exclusivement en train grâce à notre pass Interrail. C’est une réelle découverte pour moi. Je prends encore régulièrement le train en Belgique ou pour me rendre à Paris ou Londres mais c’est la première fois que je l’utilise comme transport principal lors d’un roadtrip comme celui-ci.  Je dois vous avouer que j’adore cela. Les sièges sont confortables, il y a de la place, je peux travailler au calme, lire un livre ou piquer du nez. Cerise sur le gâteau, certains paysages sont à couper le souffle. Par exemple,  entre Budapest et Zagreb, nous avons assisté au coucher du soleil sur le lac Balaton en Hongrie. Bordé de chalets en bois et de petits bateaux, je m’imaginais, un soir d’été, sur un des pontons emmitouflée dans une couverture, le visage réchauffé par les derniers rayons de soleil, un verre de rosé à la main, bavardant entre amies pendant que les hommes préparent le barbecue et, en fond, le bruit des enfants qui jouent. Le paradis !

Arrivés à Zagreb, c’est la pluie qui nous accueille. Elle ne nous quittera pas pendant 4 jours. Honnêtement, deux journées suffisent amplement pour découvrir la ville. En plus de sa magnifique Eglise Saint-Marc aux couleurs de la Croatie, vous pourrez y découvrir le plus petit funiculaire du monde. Ses rails sont longs de 66 mètres et en seulement 64 secondes il atteint le haut de la ville d’où la vue est très agréable. Le 16ème étage du gratte-ciel Zagreb 360° sur la place Ben Jelacic nous offre également une vue panoramique de la ville.

 Les anecdotes d’Ivan, un passionné de Zagreb

Samedi soir, Ben et moi rencontrons Ivan Klindic. Ce jeune entrepreneur de 29 ans a créé deux pages Instagram et un site internet qui permettent aux touristes de découvrir Zagreb et aux locaux d’en savoir plus sur leur ville. Le premier est en anglais : WHY_Zagreb et le second, en croate, Lice_grada (qui signifie « le visage de la ville »). Ivan y partage des photos, des épisodes de l’histoire de la ville, mais aussi des actualités culturelles, des nouveautés et surtout sa passion pour Zagreb.

Il nous relate plusieurs faits et chiffres surprenants. En voici quelques uns :

Chaque jour à midi, un coup de canon est tiré de la tour Lotrescak. Selon la légende, un boulet de canon provenant de la tour Lotrescak atterrit sur le plat de poulet apporté à un commandant turc pour son déjeuner. Pris de peur, le Pacha décida de retirer ses troupes de la ville, et Zagreb évita ainsi l’invasion. Tous les jours depuis 140 ans, le « Canon du Grič » annonce midi.

Lanternes à gaz et tunnels

Au 19e siècle, des lanternes à gaz sont installées dans la ville. Aujourd’hui, encore plus de 200 d’entre elles éclairent les rues de Zagreb. Un allumeur de réverbère passe tous les soirs pour allumer les becs de gaz et tous les matins pour les éteindre. Cette singulière touche historique contribue à l’atmosphère romantique de la ville.

Des kilomètres de tunnels secrets passent sous Zagreb. La plupart sont méconnus des habitants. Ils ont été construits durant la seconde guerre mondiale pour relier les rues entre-elles et servir d’abris.

Ce soir-là, nous découvrons avec Ivan le festival des lumières qui se déroule entre autre dans ces tunnels mais également sur des places et dans des parcs de la ville. Ce festival dure 4 soirées en mars, cette année du jeudi 15 au dimanche 18. A cette occasion, les passants peuvent découvrir des œuvres artistiques jouant avec la lumière.

Que faire par temps de pluie ?

Le lendemain, Ben et moi décidons que la pluie ne nous retiendra pas dans notre appartement et partons découvrir deux musées à Zagreb. Le premier, le musée de l’illusion, où hologrammes, déformations visuelles et autres expériences sont expliqués. Je pourrais passer des heures à essayer de résoudre tous les puzzles et casse-têtes présentés ici. Le deuxième musée que nous visitons est celui des relations rompues. Y sont exposés des objets rappelant des ruptures amoureuses ou familiales. Chaque effet personnel est accompagné du contexte de la rupture. Si vous souhaitez également vous débarrasser d’une surcharge émotionnelle et tirer un trait sur une relation passée, n’hésitez pas à partager votre histoire et envoyer l’objet en question au musée. C’est ouvert à tous ! Il existe deux musées de ce genre dans le monde, le second est à Los Angeles.

Je vous recommande également de passer par le marché matinal, le Dolac. Plein de couleurs, vous pouvez y acheter fruits, légumes et produits frais provenant de toute la Croatie.

C’en est assez de la pluie, nous prenons la route vers Ljubljana où le soleil nous attend.

À bientôt,

Maud