Outre sa famille, son travail à plein temps et la photographie, le photographe de sport freelance Henry Dijkman (1970) a encore une autre grande passion : le football. En tant que photographe attitré de l’équipe PEC Zwolle, on le retrouve chaque semaine sur la touche des terrains de football hollandais. Henry est également membre de Pics-United : une agence de photo internationale, spécialisée dans la photographie de football. Ses photos ont donc déjà été publiées à plusieurs reprises dans des titres de presse tels que ‘Voetbal International’, ‘de Telegraaf’ et ‘de Stentor’. Nous avons interrogé Henry sur sa carrière dans la photographie et sa spécialité, le sport !

Feyenoord - PEC Zwolle

Quand avez-vous pris l’habitude de faire des photos ?

« J’ai fait mon service militaire en 1990 et mon camarade de chambre avait un appareil reflex. C’est ainsi que je me suis initié à la photographie et j’y ai immédiatement pris goût. Rien que le fait qu’une seule pression sur le bouton permet de créer quelque chose, de pouvoir mettre le monde en images. Je trouvais ça super. Je me suis très vite procuré un appareil reflex. J’expérimentais beaucoup, je partais en vadrouille avec mon appareil photo et je faisais des photos de vacances, mais toujours dans l’esprit d’un passe-temps. Très longtemps, je n’en ai presque rien fait, jusqu’à l’arrivée de la photographie numérique. Lorsqu’en 2004, Canon lança son premier appareil reflex numérique abordable, je me le suis immédiatement procuré. Un monde s’est ouvert à moi. »

Comment vous êtes-vous retrouvé dans la photographie de sport ?

« Il faut dire que le sport m’a toujours attiré. Personnellement, j’ai longtemps joué au football et je faisais partie de la direction du club de supporters du FC Zwolle. Lorsque j’ai mis fin à ces activités en 2004, c’est-à-dire dans la même période où j’ai acheté mon appareil reflex numérique, je pouvais choisir un cadeau d’adieu. Cela faisait déjà un certain temps que je voulais assister à un match d’un club de football professionnel et c’est ainsi que quelques semaines plus tard, je me trouvais sur la ligne de touche du FC Zwolle avec mon appareil photo. J’étais très déçu de mes photos, mais j’ai eu un déclic et je me suis spécialisé dans la photographie de sport. Deux ans plus tard, je me suis inscrit auprès de la Chambre de Commerce et j’ai commencé à faire du freelance assez intensivement. »

Qu’est-ce qui vous plaît tant dans la photographie de sport ?

« On ne peut rien mettre en scène à l’avance. Il faut vraiment réagir à l’action du moment. J’aime le fait d’anticiper constamment les changements, c’est ça le défi. Mais c’est également une question de chance. Par exemple lorsqu’un joueur court dans votre direction lorsqu’il vient de marquer un but et que vous parvenez à capter la joie sur son visage. Lorsque j’arrive à faire ce type de photo, dont je suis tout à fait satisfait, eh ben, c’est très cool. Le sport, c’est de l’émotion – l’acharnement sur les visages, mais également le bonheur total – et je trouve ça très beau. Dans l’ensemble, je préfère une photo de la décharge émotionnelle après un but à une photo du but même. »

Qu’est-ce qui vous distingue des autres photographes ?

« Je trouve difficile de dire ce qui me distingue d’autres photographes de sport, mais je peux dire que je me prépare bien sur tous les fronts. En tant que photographe de sport, il faut connaître les sensibilités d’un club. Y a-t-il eu quelque chose de spécial avec l’un des joueurs dans la semaine avant le match ? Dans ce cas, il faut certainement essayer de le capter en photo. Il est également important de connaître le jeu, pour que vous puissiez mieux anticiper les actions. Lorsqu’en première mi-temps, PEC Zwolle semble être beaucoup plus faible que l’adversaire, il se peut que je me poste de leur côté en deuxième mi-temps, près de la défense, parce que je pense pouvoir y faire de meilleures images. Mais pour cela, il faut donc ressentir le jeu. Car si l’adversaire mène par 1 à 0, il se peut également qu’ils aient justement une plus grande possession du ballon, parce qu’ils veulent égaliser. Dans ce cas, mieux vaut se concentrer sur l’attaque. »

Ryan-Thomas

Quelle est votre photo préférée ?

« J’ai réalisé la photo ci-dessus pendant la Finale de la Coupe entre PEC Zwolle et l’Ajax d’Amsterdam. C’est vraiment une photo d’action avec une histoire. Car vous voyez un tir qui abouti à un but. Pas n’importe quel but, mais le but de l’égalisation qui a permis à Zwolle de rentrer dans le match, après avoir encaissé très vite un but. Finalement, Zwolle a remporté le match 5 à 1. C’était la première fois dans l’histoire que PEC Zwolle gagna un prix d’une telle envergure. Je suis fier d’avoir pu capter ce moment. »

Qu’aimeriez-vous encore réaliser à l’avenir ?

« J’aimerais bien photographier une finale de la Ligue des Champions, ou une phase finale des Championnats du Monde ou d’Europe. J’avoue que c’est mon rêve ultime. Au mois d’août dernier, ce fut la première fois dans son histoire que PEC Zwolle pouvait participer à l’Europa League. En tant que photographe attitré du club, j’ai pu faire le déplacement à Prague avec l’équipe et c’était une expérience fantastique. Ce furent trois journées intenses, mais pour rien au monde, je n’aurais voulu manquer cette expérience. J’ai littéralement pu capter un morceau d’histoire du club, et j’y ai vraiment pris goût. »

Que recommanderiez-vous aux autres en matière de photographie ?

« De nos jours, il existe suffisamment d’appareils reflex numériques abordables et de bonne qualité. Cela signifie donc que beaucoup de gens s’en procurent un. Mais très souvent, j’entends encore dans mon entourage que les gens mettent leur appareil sur P (mode automatique). Mon conseil : collez un autocollant sur ce mode P et mettez-vous à expérimenter. Apprenez tout sur le triangle d’exposition et créez de la profondeur dans vos photos. Et n’utilisez pas toujours ce même diaphragme de f/5.6, mais essayez différentes choses. Il y a tant de possibilités et il est si facile de faire beaucoup de photos. Si vous n’avez pas envie d’expérimenter, vous pourriez tout aussi bien acheter un appareil compact. »

Henry réalise également de jolis portraits et photographie aussi des concerts. Curieux ? Jetez un coup d’œil sur www.henrydijkman.nl.